Pars vite et reviens tard * Vargas

IMG_2917

Pars vite et revient tard…

C’est bien le genre de truc qu’on aurait envie de déclamer lorsqu’on est tout colère. Cela se transforme plus souvent en « groupfffchhhh casse-toi craaousssshhhhhh **** »… M’enfin, on a de la chance, on a Fred Vargas. Et elle, elle ne dit pas casse-toi !

Comme vous pouvez donc vous en douter j’ai (re)lu Pars vite et reviens tard de Vargas. Mais pourquoi me direz-vous ! Parce que j’ai eu la chance de tomber sur une mine Vargassienne, que je les ai tous sur ma liseuse, et que ça me grave plaisir de les relire…

Là, je sais que vous tremblez derrière votre petit écran. Quoi ? Encore une phase-pénible-où-elle-ne-parle-que-d’un-auteur-que-tout-le-monde-a-déjà-lu ? Et ben oui ! Fini Christie, bonjour Vargas !

Le pitch : Des 4 à l’envers sont peints sur des portes d’appartements parisiens. Un crieur breton annonce des morceaux choisis obscurs.

Et au milieu, le commissaire Adamsberg, flâne, sentant l’orage s’approcher. La prédiction du fléau noir, celui qui décima le monde d’antan. Tout ce qui fit peur remonte ainsi à la surface, réveillant ainsi des instincts ancrés. La panique du peuple n’est pas loin. Il faut agir, et vite !

Une histoire complètement biscornue, qui s’assemble petit à petit. Tout au long du roman, on assiste à un travail minutieux d’horloger suisse. Les éléments se rejettent, se repoussent, sauf lorsqu’ils sont pile où ils devraient être. Et là, bim ! Tout devient logique, ça s’emboîte parfaitement.

J’aime vraiment la manière dont Vargas raconte son histoire. Le verbe est beau, pas pompeux, c’est elliptique mais spontanée.

Les personnages sont tellement fins et travaillés que le lecteur vit le roman plus qu’il ne le lit. Le commissaire Adamsberg, que le lecteur assidu retrouve régulièrement chez Vargas est une source inépuisable de joie pour la bouquineuse que je suis. Flegmatique à souhait, il entre dans ses enquêtes avec une vision naturelle qui détourne l’habituel.

Enfin, ça sent le terroir, le vrai. Lequel ? Je ne sais pas. Tous peut-être ? Chacun s’y retrouve. Le normand, le parisien, le pyrénéen, le français, l’être humain finalement.

Et si vous n’avez jamais lu un Vargas, c’est le bon roman pour vous y essayer. ..

Publicités